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Mise-à-jour économique T1 - 2026

  • Groupe Schulman
  • 2 avr.
  • 5 min de lecture



Le premier trimestre 2026 marque un véritable point de rupture pour l’économie mondiale. En l’espace de quelques semaines seulement, l’environnement économique est passé d’un scénario relativement stable — caractérisé par une inflation en modération et des attentes de baisse de taux — à un contexte profondément incertain, dominé par les tensions géopolitiques et un choc énergétique majeur.


L’escalade rapide du conflit avec l’Iran, combinée à la fermeture du détroit d’Ormuz, a provoqué l’un des plus importants chocs d’offre énergétique de l’histoire récente, affectant près de 20 % des flux mondiaux de pétrole.


Plus récemment encore, les déclarations américaines laissant entrevoir une intensification des frappes militaires ont accentué l’incertitude et fait bondir les prix du pétrole au-delà de 110 $ le baril, tout en provoquant une correction des marchés boursiers.


Dans ce contexte, le risque n’est plus simplement celui d’un ralentissement économique, mais bien celui d’un basculement vers une récession mondiale, si les tensions persistent et qu’un cadre économique plus structuré et coordonné ne se met pas rapidement en place.



Un choc énergétique historique aux répercussions globales



Le conflit avec l’Iran s’est transformé en un choc énergétique d’ampleur systémique. La fermeture du détroit d’Ormuz — point de passage clé pour le pétrole et le gaz — a profondément désorganisé les flux énergétiques mondiaux, créant une tension immédiate sur les prix.


Au-delà de la hausse du pétrole, ce sont l’ensemble des chaînes d’approvisionnement qui sont affectées. Les coûts de transport explosent, les primes d’assurance maritime augmentent fortement, et certaines infrastructures énergétiques ont été directement ciblées, accentuant encore les perturbations.


Ce choc est aujourd’hui considéré comme le plus important défi énergétique mondial, avec des effets comparables — voire supérieurs — aux crises pétrolières des années 1970.


Dans un tel environnement, l’économie mondiale subit une double contrainte : une inflation en hausse et une croissance en ralentissement — une combinaison typique des phases pré-récessionnaires.



Le retour des pressions inflationnistes aux États-Unis



Aux États-Unis, la transmission du choc énergétique à l’économie réelle est déjà visible. La hausse des prix de l’énergie se diffuse rapidement à l’ensemble des biens et services, augmentant les coûts pour les entreprises et réduisant le pouvoir d’achat des ménages.


Les anticipations d’inflation repartent à la hausse, certaines estimations évoquant un retour vers des niveaux supérieurs à 4 % si le conflit se prolonge.


Dans ce contexte, le consommateur américain — pilier de la croissance — commence à ralentir ses dépenses discrétionnaires. Ce phénomène est particulièrement surveillé, car il pourrait rapidement se traduire par un ralentissement plus marqué de l’économie.


Pour la Réserve fédérale, la situation devient délicate : la persistance de l’inflation limite sa capacité à assouplir sa politique monétaire, ce qui maintient des conditions financières relativement restrictives.



Des marchés financiers sous pression et en transition



Les marchés financiers ont réagi rapidement à cette nouvelle réalité. La hausse brutale du pétrole et l’intensification du conflit ont entraîné des corrections sur les marchés boursiers, illustrant une montée de l’aversion au risque.


Parallèlement, on observe une rotation progressive des flux d’investissement. Sans bouleversement brutal, les portefeuilles tendent à intégrer davantage d’actifs réels — notamment l’énergie, les matières premières et l’or — qui offrent une meilleure protection dans un environnement inflationniste.


Ce repositionnement reste mesuré, mais il reflète une prise de conscience importante : le régime de marché est en train de changer. Les investisseurs passent progressivement d’un monde dominé par la croissance et les taux bas à un environnement marqué par les contraintes d’offre et les tensions géopolitiques.



Une Europe particulièrement vulnérable



L’Europe apparaît comme l’une des régions les plus exposées à ce choc. Sa dépendance énergétique et sa croissance déjà fragile la rendent particulièrement sensible à la hausse des prix du pétrole et du gaz.


Les entreprises européennes anticipent désormais des hausses de prix plus rapides afin de compenser l’augmentation de leurs coûts, ce qui alimente les pressions inflationnistes.


Dans le même temps, la demande des consommateurs montre des signes de faiblesse, ce qui complique encore davantage la situation. Les autorités monétaires se retrouvent face à un arbitrage difficile entre lutte contre l’inflation et soutien à la croissance.


Dans ce contexte, le risque de récession en Europe s’est nettement accru.



Une dynamique nord-américaine contrastée



En Amérique du Nord, les trajectoires divergent. Aux États-Unis, la hausse des prix de l’énergie agit comme un frein direct sur la consommation, réduisant le revenu disponible des ménages et pesant sur la croissance.


Le Canada bénéficie quant à lui d’un certain soutien lié à la hausse des prix des matières premières, en particulier dans le secteur énergétique. Cette dynamique offre un coussin économique relatif.


Cependant, cette résilience reste fragile. Le marché immobilier demeure sensible aux taux d’intérêt, et l’inflation pourrait rester élevée plus longtemps que prévu, limitant la marge de manœuvre de la Banque du Canada.


Dans ce contexte, le discours récent de Mark Carney à Davos a renforcé l’image du Canada comme acteur stable et crédible sur la scène internationale — un élément positif dans un environnement global incertain.



Une fragmentation géopolitique qui amplifie les risques



Au-delà des aspects économiques, l’un des éléments les plus marquants de ce trimestre est la fragmentation croissante du paysage géopolitique.


Les alliés traditionnels, notamment au sein de l’OTAN, ont adopté une posture prudente et n’ont pas directement participé au conflit, illustrant un manque de coordination internationale. Dans le même temps, certaines puissances régionales envisagent désormais une implication militaire plus directe, ce qui pourrait accentuer l’escalade.


Les récentes déclarations américaines évoquant une intensification des opérations militaires, sans visibilité claire sur une sortie de crise, ont renforcé l’incertitude et la volatilité des marchés.


Ce manque de cadre structuré et coordonné constitue aujourd’hui un facteur clé de risque pour l’économie mondiale.



Conclusion



Le premier trimestre 2026 pourrait bien marquer le début d’un nouveau cycle économique, caractérisé par une instabilité accrue et un retour de contraintes que les marchés n’avaient pas connues depuis plusieurs décennies.


Au-delà de la volatilité actuelle, c’est bien le risque d’une récession mondiale qui se dessine progressivement. La combinaison d’un choc énergétique majeur, d’une inflation persistante, de conditions financières restrictives et d’un manque de coordination géopolitique crée un environnement particulièrement fragile.


Si les tensions actuelles devaient se prolonger ou s’intensifier, l’économie mondiale pourrait entrer dans une phase de ralentissement plus profond et durable.


Dans ce contexte, un retour à un cadre économique plus structuré, prévisible et coopératif sera essentiel pour restaurer la confiance et stabiliser les marchés.


Pour les investisseurs, cette période appelle à la prudence mais également à la discipline. Une diversification adéquate, une exposition mesurée aux actifs réels et une attention particulière portée à la qualité des investissements constituent des éléments clés pour naviguer dans cet environnement en mutation.


Les informations contenues aux présentes proviennent de sources que nous jugeons fiables; toutefois nous n’offrons aucune garantie à l’égard de ces informations et elles pourraient s’avérer incomplètes. Les opinions exprimées sont fondées sur notre analyse et notre interprétation de ces informations et elles ne doivent pas être interprétées comme une sollicitation ou une offre visant l’achat ou la vente des titres mentionnés aux présentes. Les opinions exprimées ici ne reflètent pas nécessairement celles de la FBN. J’ai rédigé le présent rapport au mieux de mon jugement et de mon expérience professionnelle afin de vous donner mon avis sur différentes solutions et considérations en matière d’investissement. Les titres ou les secteurs mentionnés dans cette chronique ne s’adressent pas à tous les types d’investisseurs et ne devraient en aucun cas être considérés comme une recommandation. Veuillez consulter votre conseiller en placement afin de vérifier si ce titre ou secteur vous convient et pour avoir des informations complètes, incluant les principaux facteurs de risque. Certains titres ou secteurs mentionnés dans cette chronique peuvent ne pas être suivis par les analystes de la FBN. Financière Banque Nationale – Gestion de patrimoine (FBNGP) est une division de la Financière Banque Nationale inc. (FBN) et une marque de commerce appartenant à la Banque Nationale du Canada (BNC) utilisée sous licence par la FBN. FBN est membre de l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) et du Fonds canadien de protection des investisseurs (FCPI) et est une filiale en propriété exclusive de la BNC, qui est une société ouverte inscrite à la cote de la Bourse de Toronto (NA : TSX).




 
 
 

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Financière Banque Nationale – Gestion de patrimoine (FBNGP) est une division de la Financière Banque Nationale inc. (FBN) et une marque de commerce appartenant à la Banque Nationale du Canada (BNC) utilisée sous licence par la FBN. FBN est membre de l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) et du Fonds canadien de protection des investisseurs (FCPI) et est une filiale en propriété exclusive de la BNC, qui est une société ouverte inscrite à la cote de la Bourse de Toronto (NA : TSX).

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